Barbara Navi

Elle vit et travaille à Paris.

Ancienne élève de l'Ecole Boulle (architecture et design)

 

Maîtrise de philosophie, Sorbonne Paris IV

L’autre rive, 2022, huile sur toile, 100 x 100 cm

press to zoom

Vertige, 2021, huile sur toile, 97 x 130 cm

press to zoom
Twilight Zone, huile sur toile, 130 x 162 cm, 2004 (collection particulière New York)
Twilight Zone, huile sur toile, 130 x 162 cm, 2004 (collection particulière New York)

press to zoom

L’autre rive, 2022, huile sur toile, 100 x 100 cm

press to zoom

Après une formation de Design et d’architecture intérieure (École Boulle) et des études de Philosophie (Sorbonne Paris-IV), Barbara Navi développe, à partir des années 2000, une œuvre picturale dans laquelle l’inventivité plastique, le goût de l’expérimentation et de la trouvaille, la variété des thèmes et des sujets explorés se mettent au service d’un dialogue constant avec les classiques de la peinture et du cinéma.

La photographie, le collage, la maquette, la vidéo participent à l’élaboration des matériaux iconographiques dont la peintre fait usage pour réaliser ses œuvres.

Ses tableaux convoquent les strates de la mémoire et de l’archaïque immémorial à travers des scènes s’apparentant à des anamnèses, des souvenirs-songe et dont la syntaxe narrative, libérée du temps des horloges et des frises chronologiques, peut aussi bien soutenir un récit d'anticipation.

Des linéaments improbables de paysages s’y télescopent dans un univers disloqué où les archives familiales fétichisées entrent en contact avec des documents historiques et des fragments iconographiques issus de l’histoire de l’art.

Ces transports spatio-temporels et l’effet de brouillage ressenti par l’enchâssement des décors hétérogènes constituent proprement la spécificité visuelle du travail que poursuit la peintre depuis une vingtaine d’années.

L’incise fait transiter entre ces décors l’énergie évènementielle de la rencontre. 

Là réside aussi l’unité profonde d’un style où se jouent des choix formels discrets et patiemment élaborés : la disproportion des échelles, la fragmentation, le sens de la greffe et enfin le velouté mat et soyeux de la texture, lequel révèle par contraste, avec d’autant plus d’intensité, l’abrupte violence du monde dont les tableaux portent témoignage.

Incendies, turbulences, cratères, effluves, l’agitation d’une nature en proie à la dérive y constituent les stigmates de l’accidentalité historique et écologique. L’anthropocène semble s’y apparenter à un désastre. Mais ce tellurisme de la nature et ces turbulences de l’histoire n’excluent point la possibilité d’une conjuration, d’un renouveau, d’une utopie dont ces mêmes tableaux se veulent les fervents annonciateurs à travers leur culte du détail discordant. L’espoir est la croyance que l’on peut aussi y entrevoir.

« L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable » disait Verlaine.

Le travail de Barbara Navi a récemment bénéficié d’expositions personnelles et collectives en France et à l’étranger, notamment au centre d’art contemporain À Cent Mètres du Centre du Monde de Perpignan (2022), à L’Ar(t)senal de Dreux (2021), au Musée Benoît-De-Puydt de Bailleul (2020), au Centre d’histoire et mémorial 14-18 de Notre-Dame-de-Lorette, au Centre d’art contemporain Centrul-de-Interes de Cluj-Napoca, en Roumanie (2018), au Musée La-Piscine de Roubaix (2018), à l’abbaye de Beaulieu-en-Rouergue (2017) et à la Baumwollspinnerei de Leipzig (2013).