Corine Borgnet

Corine Borgnet est née en 1965 aux Sables-d'Olonne.

C'est toujours cette même question du sens de la vie et de la fragilité de l’être qui est posée dans l’œuvre de Corine Borgnet dont l’approche artistique se manifeste par des processus de création et l’usage de matériaux et techniques radicalement différents, ne se refusant rien ou presque, de l’os à la vidéo, du Post-it à la réalité virtuelle.  

 

Partant le plus souvent du dessin, elle crée depuis 20 ans une œuvre dont les ressorts sont l’absurde et l’oxymore.  

Sa pratique est protéiforme, complexe et toujours référencée. Artiste iconoclaste, « sans foi, ni particule », elle puise autant sa symbolique dans une iconographie empruntée à la grande histoire que dans des modes d’expressions plus populaires comme le tatouage, les contes et mythologies.  

Au fil de ses expositions, Corine Borgnet poursuit le déroulement d’une même réflexion artistique et existentielle   – des affres troublées de l’enfance aux stigmates de l’entreprise ou faux-semblants de la bourgeoisie – privilégiant un médium pour chaque série, dans une démarche de recherche jusqu’à l’épuisement de celui-ci. Mais c’est toujours notre condition humaine et notre capacité de résilience qui sont en ligne de mire dans son œuvre. 

En 2002, en réponse aux évènements du 11 septembre 2001, Corine Borgnet, qui vit alors à New York, réalise une installation La Tour de Babel, avec des Post-it usagés collectés dans les rues de New York, sur le campus de Columbia et à l’Onu. Cette construction faite de centaines de milliers de Post-it recyclés évoque la confusion de l’humain et du langage tout en détournant in fine le mythe de Babel. Fragile, éphémère, dérisoire, cette multitude de briques humaines que sont ces messages griffonnés sur des morceaux de papier « disposables » s’érige pourtant tel un monument d’une hauteur de 4 mètres.  

Avec cette même idée sous-jacente de résilience, dans sa série, Xvotos, elle utilise la cire de cierges consumés, récoltée dans les églises, qui emportent dans leurs fumerolles les prières intenses et intimes d’inconnus.  

 

De même que l’amour et sa perte peuvent se vivre avec résilience - du latin resilientia, la résistance au choc - et peuvent nous faire rebondir, Corine Borgnet offre à ces matières pauvres, mises au rebut, une nouvelle vie, une seconde chance.  

  

Depuis 2017, l’artiste recycle les os de volaille - ces banals matériaux du quotidien, consommés, surconsommés - comme une résurrection du déchet, qu’elle érige en artifices de distinction élitaires : couronne, escarpin, guêpière… Ces objets d’apparats s’imposent ici dans l’arrogante simplicité de l’objet vernaculaire (transcendé), réalisé à partir des reliefs d’un repas. L’artiste, dotée d’une déconcertante maestria pousse le concept jusqu’à la reconstitution d’un véritable banquet lors de sa dernière exposition personnelle, LE DERNIER SOUPER où elle se rit ici du temps et de ses déconstructions, dépliant pour l’amateur d’art, un instant d’éternité.