L'ECHO DES MURMURES

Regards sur la scène contemporaine roumaine

Chapitre I

Radu Belcin

Andrei Berindan

Flavia Pitis

 

Du 11 mai au 17 juin 2017

 

 

La galerie Valérie Delaunay présente une exposition en deux chapitres consacrée à la scène artistique roumaine, L’ECHO DES MURMURES, offrant un regard exigeant sur ce pays empreint de mélancolie, de révolte et de liberté. Valérie Delaunay est sensible à la peinture qu’elle défend à travers la ligne de sa galerie, offrant une place toute particulière à la peinture dite figurative ; elle s’intéresse plus particulièrement au renouveau de cette peinture qui s’est opéré depuis la fin des années 90.

 

Cette exposition témoigne de cet engagement. Son regard s’est tourné vers l’est, en Roumanie. Pour elle, un véritable Eden.

 

En Transylvanie, un foyer artistique très actif a vu le jour au milieu des années 2000.  Près de la ville de Cluj, dans une ancienne usine de pinceaux, la FABRICA DE PENSULE, plusieurs artistes ainsi que des personnalités du domaine de la culture, décident de s’installer, de se fédérer pour travailler et pour réaliser des projets ensemble. Cette jeune communauté artistique compte aujourd’hui de grands peintres qui ont largement contribué au regain d’intérêt pour la peinture, également malmenée dans les années 1990 en Roumanie. Certains de ces artistes comme Victor Man, Serban Sabu,  Adrian Ghenie ou encore pour le dessin, Ciprian Muresan qui s’est vu, il y a quelques semaines, attribuer le 10e Prix de dessin contemporain de la Fondation Daniel et Florence Guerlain, jouissent d'une reconnaissance sur la scène internationale. En même temps que cette première génération de la Fabrica a permis de redécouvrir des artistes de l’ancienne génération comme Geta Bratescu ou Ion Grigorescu, elle a également mis la lumière sur une toute jeune génération dont fait partie Teodora Axente, la plus flamande des peintres roumaines, qui présente ses derniers travaux dans le second chapitre de cette exposition.

 

Cette présence au plan international des artistes roumains dits de l’ « Ecole de Cluj » a également dynamisé la scène artistique de Bucarest où vit et travaille Bogdan Vladuta (présent dans le second chapitre de l’exposition) mais aussi toute la scène artistique roumaine aussi vaste que diversifiée que l’on découvrira avec le couple que forment Flavia Pitis et Radu Belcin qui vivent dans le centre de la Roumanie à Brasov ou encore Andrei Berindan qui vit à Baia Mare (premier volet de l’exposition).

 

Le point commun de tous ces artistes est d’avoir su transformer leur apprentissage de la peinture académique à la lumière d’un héritage culturel et artistique fort, entrant tout particulièrement en résonance avec l’histoire de leur pays. 

 

En effet, après la seconde guerre mondiale, les ombres de l’histoire recouvrent la Roumanie, l’art doit répondre aux exigences politiques d’une esthétique cadrée. L’onirisme que l’on retrouve encore aujourd’hui notamment dans le travail de Radu Belcin, naît et apparaît en peinture et en littérature comme la précieuse échappatoire au dictat politique du réalisme social, tristement dépossédé de ses premières ambitions et devenu le système de l’oppression du social comme de l’expression artistique.

 

Aujourd’hui, tout le langage métaphorique de cette  communauté d’artistes qui vivait au temps où l’art s’opposait aux affronts faits à la liberté, les promesses des lendemains mais aussi les racines de l’histoire de l’art roumain font encore écho dans le travail de ces jeunes artistes roumains qui, sans la même urgence, continuent de poser des questions dans une œuvre résolument moderne.

 

Cette exposition est aussi une invitation au voyage et à la redécouverte d’un pays moins connu par nos contemporains qu’il ne l’était au début du siècle dernier. Elle est l’occasion de raviver les liens anciens entre les deux pays qui s’admirèrent réciproquement, accordés par l’art dans l’Europe du début du XXe siècle. 

 

A cette époque, les artistes voyagent et explorent l’Europe. La Roumanie resplendit de respiration et d’inspiration, de mouvement et de recherches. La peinture, l’architecture, la littérature rayonnent de concert sans jamais abandonner les caractéristiques les plus significatives de l’histoire du pays et de sa culture. 

 

Années 1930. Sur le Podul Mogoșoaiei, promenade charmante de la capitale, les extravagants, les mondaines et les dandys roumains, revenus de France ne se saluent plus dans leur langue mais en français, donnant à ces élégants cosmopolites le surnom romantique de ‘bonjouristes’. La princesse Marthe Bibesco, cousine de la poétesse Anna de Noailles, amie de Jean Cocteau, de Rainer Maria Rilke, de Paul Valéry et plus tard de Winston Churchill, fut une de ces illustres figures de l’intelligensia roumaine conquise par la capitale française et admirée en retour par le Tout-Paris. Son œuvre, devenue presque secrète révèle un style élégant, brillant de tournures enlevées et d’histoires colorées, mêlant l’intime et l’enfance à la grande Histoire et à ses géants. Son portrait mondain réalisé par Giovanni Boldoni rend tout l’éclat et la grâce de la princesse roumaine qui fut aussi l’auteure de Isvor, pays des saules, un hommage remarquable aux traditions de son peuple. 

 

En France, Paul Morand tient en retour, côté français, le rôle équivalant en écrivant un tendre texte, fouillé et sincère, célébration métaphorique de son épouse roumaine, la princesse Soutzo. Il y livre son cœur et ses impressions sur Bucarest et sur la Roumanie, « véritable carrefour de races, de figures, de mœurs et d’aventures ».

 

 

La galerie Valérie Delaunay est heureuse de réunir pour cette exposition une trentaine d’œuvres d’artistes appartenant à la scène contemporaine roumaine.  Le titre de celle-ci  L’ECHO DES MURMURES rappelle que dans la pénombre de l’histoire, dans le silence des ateliers, des murmures se sont fait sentir, appelant à l’affirmation de soi et de ses idées contre les chimères du monde extérieur. On entend encore cela dans la peinture roumaine contemporaine.

 

 

Théo-Mario Coppola

Curateur

L'exposition est présentée en partenariat avec l’Institut culturel roumain.

 

                                                 

La galerie Valérie Delaunay souhaite également remercier son Excellence M. l’Ambassadeur Luca NICULESCU ainsi que  l’Ambassade de Roumanie pour leur précieux soutien.

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