MEDIUM TEXTILE, SUITE

ADELINE ANDRÉ

ISABEL BISSON-MAUDUIT

DELPHINE CARAZ

ARNAUD COHEN

FRÉDÉRIQUE FLEURY

AURÉLIEN LEPAGE

EDITH L'HARIDON

FRANÇOISE MICOUD

FRÉDÉRIQUE PETIT

MARJOLAINE SALVADOR-MOREL

PATRICK-ARMAN SAVIDAN

MARTINE SCHILDGE

DOMINIQUE TORRENTE

Commissariat Yves Sabourin

Exposition du 6 janvier au 26 février 2022

Vernissage le jeudi 6 janvier 2022

Vue de l'exposition / Martine Schildge
Vue de l'exposition / Martine Schildge

Crédit Loïc Madec

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Vue de l'exposition / Aurélien Lepage
Vue de l'exposition / Aurélien Lepage

Crédit Loïc Madec

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Dominique Torrente
Dominique Torrente

Les riches heures où l'éclat de vos mains, 2019, plissés de canevas anciens, 350 x 290 cm

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Vue de l'exposition / Martine Schildge
Vue de l'exposition / Martine Schildge

Crédit Loïc Madec

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S’il existe un médium pictural des plus anciens, c’est bien le textile dans toutes ses formes de création incluant les matériaux et le geste et exprimant de façon incarnée et sensuelle la dimension artistique.

Depuis la fin des années 80, l’installation du textile dans la liste des médiums plastiques au même titre que la peinture, le dessin, le modelage, etc.. m’a permis de l’expérimenter et le révéler à travers plusieurs de mes expositions comme « Secrets de dentelles » aux ATP en 1994, puis « Métissages » en 1998 au Musée du Luxembourg-Palais du Sénat et ses 26 étapes en France et à l’international jusqu’en 2010.

Aujourd’hui, cette matière omniprésente dans beaucoup de manifestations est l’expression même d’une picturalité regroupant sens et composition. En effet, le textile se sculpte comme une terre, se dessine comme un fusain, se dépose comme une couche peinte. Un coup de fuseaux ou d’aiguille n’est-il pas aussi expressif et sensible qu’un coup de crayon bien maîtrisé ? La technique n’est pas forcément nécessaire, et si elle est parfois incontournable, elle doit conjuguer liberté et rigueur.

En 2021, l’invitation de la Galerie Valérie Delaunay pour l’exposition « Médium textile, suite 2022 » me permet de continuer et enrichir mes recherches. Avec ce besoin essentiel d’interroger tous les modes d’expression quel qu’ils soient, j’ai positionné le textile à la croisée de plusieurs créateurs et écritures.

D’abord issus du monde de la mode et du théâtre, Adeline André nourrit un subtil dialogue avec le textile ; issus des expressions plastiques en 2D ou 3D, Delphine Caraz choisit de modeler avec des vêtements usés, comme Arnaud Cohen détournant une tapisserie ancienne d’Aubusson ; Frédérique Fleury compose avec des fac-similés de tapisseries historiques et des pièces en grès ; Aurélien Lepage oscille entre peintures et tissages ; Edith L’Haridon transforme la maille en modelage truculent ; Marjolaine Salvador-Morel dessine dans l’espace des sculptures de dentelle à l’aiguille et l’interroge, comme le fait aussi Françoise Micoud avec la dentelle aux fuseaux chargée de pigments ; Patrick-Arman Savidan sculpte des ressacs en broderie ; Martine Schildge couvre de feutre des silex et « picturalise » leurs portraits photographiés ; Dominique Torrente met en scène les canevas de femmes couturières et les érige en bas et haut-relief ; Isabel Bisson-Mauduit mêle la photo à de la broderie machine et fait main ; et pour terminer Frédérique Petit trace avec un fil de soie des paysages au dessin épuré.

Tous ces artistes invités, quelles que soient leurs racines, présentent l’essentiel des expressions artistiques autour du médium textile qui se dressent tel un somptueux paysage où l’harmonie existe dans la complémentarité et la singularité des matériaux, comme des thèmes, si divers.

 

Yves Sabourin

Commissaire de l'exposition