Mélik Ouzani

 

Mélik Ouzani est né en 1942, à Vichy, d’une mère française et d’un père algérien.

 

D’abord formé pour l’industrie, il décide en 1974 de se consacrer exclusivement à la peinture. L’influence du Pop Art de l’époque et sa découverte du graffiti new-yorkais, sur place, la même année, l’auront sans doute conforté dans sa décision. 

 

Il vit et travaille à Tonnerre.

« Mon travail se nourrit beaucoup plus des murs couverts de tags, de graffitis ou d’affiches déchirées que du Louvre. En même temps, j’aime le Louvre. »

 

Un artiste de contradiction

Si ses références sont dans les musées, elles le sont également en dehors : « naïveté enfantine, maladresse d’amateur, cacophonie urbaine, graffiti anonyme, etc. ». Il souhaite une peinture qui séduise mais il veut aussi « qu’elle fasse mal aux yeux ». Il utilise les couleurs les plus vives puis il les oublie. Il dit avoir ragé toute sa vie mais, en même temps, il se sent habité par une très grande joie de vivre.

 

Se référant volontiers à la longue histoire de l’art (qu’il soit dit « ancien », « moderne » ou, a fortiori, « contemporain »), y revendiquant même quelques modèles, Mélik Ouzani ne cesse  pour   autant d’« aller voir ailleurs » faisant sienne la devise de Jean Dubuffet « Je suis en tous domaines épris de sauvagerie ».

 

Un monde ré-inventé

A la manière d’un Prométhée graffeur, le geste sûr, ample, rapide, parfois agressif, toujours énergique et parce qu’il ne se satisfait pas de ce qui lui est proposé, Mélik Ouzani va créer un nouveau monde à partir de choses banales dont certaines même sont indignes de figurer. Il va jusqu’à en rajouter un peu en inventant des formes qui n’existent pas dans la nature.

 

Avec ses gros pinceaux, ses brosses, ses bombes aérosols, Mélik Ouzani va orchestrer avec fougue et virtuosité, tout un monde fait de personnages parfois étranges, d’animaux, de lunes, d’étoiles, de soleils. Tantôt libres, tantôt emprisonnés dans des cartouches, tous vont s’enchevêtrer, comme liés, dans des volutes, des gribouillages, des éclaboussures et déflagrations de couleur, des trous noirs créant ainsi un monde gesticulant faisant de sa peinture presque une écriture.

 

De cette apparente joyeuse « agitation continuée… qui irrigue… », depuis ses débuts, l’œuvre de Mélik Ouzani, c’est le bruit d’un grincement de dents que nous entendons, le chaos à l’image de celui du monde que nous ressentons.

Entretien de Mélik Ouzani dans son atelier (Juillet 2013)

Visite de l'atelier de Mélik Ouzani (Juillet 2013)

____________________________________________________

 

22 rue du Cloître Saint-Merri

75004 Paris 

> > >  + 33 (0) 6 63 79 93 34  

> > >  contact@valeriedelaunay.com