SUR LA DÉFENSIVE

Timothée Schelstraete

Du 14 mars au 27 avril  2019

 

 

« Je monte une image comme on le fait d’une peinture, par couches, estompant, gommant, travaillant les contrastes, j’y reviens par-dessus non sans amusement, il faut bien l’avouer».

Timothée Schelstraete

 

 

Depuis sa sortie de l’École des Beaux-Arts de Rouen en 2010, Timothée Schelstraete n’a laissé aucun répit à l’image, multipliant les procédés d’impression, de collage, interférant avec peinture et dessin afin d’en extraire son essence. En superposant des grilles, il en analyse la composition, la fragmente. Mais ce n’est pas son mouvement qu’il observe, ni sa dynamique, mais plutôt l’artifice qui, il y a près de 200 ans l'a fait naître et apparaître sur le papier. Une étude qu’il mène à travers un processus complexe, une chimie expérimentale, qui prend à rebours les mêmes expérimentations opérées par les pionniers de l’image et tous ceux qui, aujourd’hui, pensent encore qu’elle est saisissable alors qu’elle ne nous offre qu’un moment fugace du réel.

 

 

 Quelles ont été tes premières recherches plastiques avant de centrer ton travail sur l’image ? 

Aux Beaux-Arts, j’ai travaillé exclusivement la peinture et la gravure. Dans la période toujours un peu compliquée qui suit le diplôme, je suis revenu au dessin en reprenant mes peintures comme source parce que c’était les seuls éléments que j’avais sous les yeux. Une manière pour moi de travailler l’image différemment, a contrario de l’usage qui veut que les artistes fassent des études préparatoires. Cette distanciation m’a permis de me focaliser sur l’idée d’image plutôt que de sujet. En fait, il s’agit d’un aller-retour permanent entre le geste et ce qu’il vient représenter.

 

Quelles sont ces formes sur laquelle ton attention s’est fixée ?

Elles ne sont pas définies. Je capte spontanément avec mon téléphone portable et à la va-vite des éléments qui m’intéressent de mon environnement. Et si je fais plusieurs photos, j’avoue être plus souvent attiré par l’image un peu ratée et sélectionne au final souvent la première. 

 

Tu as récemment éliminé la couleur de tes travaux. Est-ce pour avoir un rapport encore plus direct avec la lumière ?

Oui parce qu’il n’est plus question que de valeurs. Cette disparition de la couleur est aussi due à un procédé d’impressions lasers en noir et blanc. J’applique des feuilles transparentes imprimées avec du liant acrylique sur la toile. La colle garde le toner à la surface quand j’enlève les transparents. C’est une sorte d’empreinte qui est presque de l’ordre du monotype. J’interviens ensuite dessus en peinture. J’ai présenté des travaux à l’exposition Columbiaqui relevaient de ce procédé, où l’image imprimée était partiellement recouverte, puis réimprimée, et ainsi de suite, en montant par strates, et avec à chaque étape des défauts d’impression, des accidents.

 

 L’image ne se défend-elle pas de ces transformations ?

Justement, j’aime faire le choix d’éléments de défense dans les motifs initiaux, un fragment de carrosserie, un casque médiéval, un store… Cela donne le sentiment d’un blocage et en même temps cela ouvre sur de multiples potentialités. L’image résiste toujours et si dans mes premières peintures, je travaillais avec une texture assez épaisse pour venir affirmer la touche, aujourd’hui j’essaie de jouer davantage sur les transparences et une couche de peinture assez mince qui viendrait se fonderdans l’image.

 

 

Extrait de l’interview de Timothée Schelstraete dans la REVUE POINT CONTEMPORAIN # 11

Décembre – Janvier – Février 2019

Pour lire l'intégralité de l'interview, cliquez sur le magazine

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